[HRP] Chronique d'une pionne 5

21 avril 2008 09:05 | Courageuse | 1 commentaire

 

Ola… Ca faisait longtemps non ?

Voyons, laissez-moi vous raconter une belle histoire. Une histoire d’amitié entre deux lycées dans deux pays différents. L’un se trouve chez moi, l’autre en Allemagne.

Oui ! Vous avez deviné ! Je vais vous parler de correspondantes !!

Pourquoi que les filles ? Ah mais parce que sur tout le groupe il n’y avait qu’un malheureux et perdu garçon et, surtout, que je vais vous parler des internats. Donc que des filles…

Votre serviteuse se retrouve donc à devoir faire un remplacement en internat. Soit, on fera avec…

Celui des secondes. Ah, moins cool déjà. Elles ont la maturité de gamines de 12 ans et ne sont tenables que si on sort de l’opéra, donc, si on a une voix qui porte sur plusieurs kilomètres et la colle facile. Je suis déjà aux anges.

Ah ? Tiens ? C’est l’arrivée des correspondantes allemandes aussi ? Et… ? Elles vont toutes à l’internat des secondes…

Joie !

Bonheur !

Génocide !

Bref, vous l’aurez compris, je me retrouvais avec un internat déchaîné qui finirait par compter près de 50 filles. Dont 9 ne parlant pas la langue de Molière mais celle de Bach.

Je me prépare donc. Comprendre : je cherche comment me faire comprendre en poussant une gueulante compréhensible pour elles aussi. J’ai fait allemand. Si, si.

Mais je sais pas.

Un trou noir a du passer par là, je ne suis plus capable d’aligner trois mots correctement.

Du coup je prévois le glossaire. Que des mots utiles hein ? Genre « calme », « silence », « dehors », « venez » etc…

Et puis… Elles sont arrivées.

Les remontées en internat avaient déjà eu lieu. Je me suis donc retrouvée avec presque les trois quarts de mes filles collées aux fenêtres coté cours. Pas grand mal certes.

Sauf que : d’un elles criaient comme des perdues (ou des folles, au choix), de deux, fenêtres ouvertes, elles étaient hissées sur des chaises. Contre les fenêtres ouvertes.

J’avoue, cela a été super tentant de les pousser légèrement juste pour que la chute d’une fasse comprendre les autres. Mais je peux pas. J’aurai trop d’ennuis pour quelques secondes jouïssives…

Au final, j’ai vu une véritable invasion : 14 allemandes débarquant dans mon dortoir en parlant assez fort pour que Bach se retourne dans sa tombe.

Au bout d’une heure de course-poursuite entre mes élèves dont je devais faire l’appel (des fois qu’une joue les filles de l’air) et les allemandes que je devais ranger dans des zones bien précises, dont les autres dortoirs, j’ai eu droit à une pause.

Le repas….

Ah ben non, pas de pause. CPE chérie nous choppe et nous dit gentiment qu’une des allemandes a une allergie grave. A quoi ? Au gluten ! Facile non ?

Et voila toute la troupe d’AED femelles (ça en fait que 4) qui part chercher leur cible à travers tout le lycée avant qu’elle ne leur claque entre les doigts à cause d’un malheureux morceau de pain… Parce que oui, chez elle, c’est la classe, ça ressemble à de la nourriture normale mais ils ont viré tout le gluten.

Nous, non…

Je vous rassure, on a finit par la choper et à nous faire vaguement comprendre. Les cuisines, au courant, n’étant même pas capables de savoir quels aliments éviter….

Enfin, comment dire ? Après le repas, il y a eut la nuit.

Calme… comme verdun .

Et que je pleure parce que je suis pas avec machin, et que je squatte le mauvais dortoir pour parler avec ma copine et que je cause en gueulant.

Bref, j’ai craqué.

J’ai sorti ma lampe (mon téléphone de service) et j’ai appelé mon bon génie (ma CPE chérie 2).

Elle est montée.

Deux fois.

A chaque fois une superbe gueulante à faire trembler les murs.

Ca, les allemandes ont été scotchées, elles comprenaient rien et avaient le vent dans les cheveux…

Ca m’a calmé les anarchiques et on a put dormir…

 

 

Et vous savez quoi ?

Le lendemain on me félicitait pour mon travail.

Je n’ai pas maîtrisé une seule fois la situation…

 

 

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[HRP] Boum boum

27 mars 2008 20:44 | Amoureuse | 0 commentaire

 

"Aujourd'hui je me suis réveillée entre ses bras.
Cela faisait presqu'une heure qu'il me regardait dormir.
Dès que j'ai bougé, il m'a serrée un peu plus, m'embrassant doucement.
Je me suis peletonnée tendrement contre son torse tellement rassurant.
J'ai ouvert les yeux avec, dessiné sur les lèvres, un sourire.
Cela faisait longtemps que je n'avais plus eu cette joie."

C'est ce que j'ai fini par mettre sur ma fiche paranoïaque...

C'est bizarre comme l'envie de hurler mon bonheur à la face du monde s'est heurtée à une envie de garder tout cela secret, bien niché dans le cocon de mon coeur.

C'est tout jeune, grandissant, ça me réchauffe peu à peu. Je me surprend à rêvasser sur lui, imaginant ses réactions à mes actions ou mes dires. Je guette le son de sa voix et j'attends...

Toujours j'attends, calculant ces quelques jours où nous pourrons nous voir.

Ce week-end?
Non, il ne peut pas, il travaille...

Les entraînements alors?
Non, je suis d'internat...

Le week-end prochain alors?
Oui, celui-là. On pourra enfin se serrer l'un l'autre, nous raconter nos journées à perdre haleine...
Être un couple en somme.

Mais tout ce temps loin de lui reste long.
Heureusement que ça donne encore meilleur goût à nos retrouvailles.

Alors bizarrement, j'ai envie de vous dire:
"Tu sais, là, dans mon coeur, j'ai un petit quelque chose qui fait que je serai capable de faire le tour du monde en marchant sur les mains, de parler hindi sans l'avoir appris, de voler pour décrocher un alien, de repeindre la chapelle sixtine, de sourire sans jamais m'arrêter, de rêver éveillée. Même si je peux pas le partager, je peux au moins te proposer ces activités..."

Ô Amoureux qui vivez côte à côte.
Embrassez vous pour les autres...