[HRP] Chronique d'une pionne 2

11 décembre 2007 02:07 | Courageuse | 0 commentaire

 

Mouhahahahahha I Will Survive...

Allez, une chtite anecdote sur la surveillance de devoirs.
Ce qu'il faut savoir c'est qu'un AED n'a aucun droit sur vous lorsque vous êtes en devoir (Ô Toi Ptit jeune qui peut passer par là). Comprendre: ils auront beau parler/tricher/rigoler, vous vous pourrez juste leur gueuler un peu dessus et prendre des noms... Pas le droit de les sortir, pas le droit de mettre des points en moins, pas le droit de coller.
A quoi on sert en surveillance de devoir me direz-vous?
A rien, c'est bien connu. Les DS sont d'ailleurs un excellent moment pour moi pour préparer mes concours !!
Haha!
Oui bon, faut aimer sentir qu'on a aucune autorité quand même. Mais on s'y fait. Surtout quand votre CPE arrive:
"Oui, je sais, on ne doit pas les surveiller, mais j'ai dit oui. Il me faut quelqu'un. Mais je n'aime pas cette situation blablabla". Cool ne se sentir soutenus et protégés par son chef...
Enfin au 5° en une semaine on se rode et on arrive à écouter son MP3 sans se faire prendre par les élèves (jaloux), merci aux cheveux longs !!

Mais...

Parce qu'il faut un mais sinon ça ne mène à rien, non?
Il y a quelques temps je vois débouler le CPE:
"Oui, je sais, on ne doit pas les surveiller, mais j'ai dit oui. Il me faut quelqu'un. Mais je n'aime pas cette situation blablabla" (oui c'est toujours pareil) "Sauf que ce coup-ci c'est le BTS blanc... de 16 à 18..."
On est 4 en VS à ce moment-là. Dont 3 maîtres d'internat qui ne peuvent communiquer avec leurs collègues que de 17 à 18 avant de monter en internat...
Ben forcément j'ai levé ma mimine en disant "Ben j'irai..."
La logique aurait voulu qu'elle m'en dise un peu plus puisqu'il s'agissait tout de même d'une longue épreuve de 4h nécessitant la présence de deux personnes à la surveillance et qui avait un chtit coté officiel.
Hé bien non! Que dalle!
J'ai même du revenir dans son bureau pour connaître la salle !!

Bref, à 16h je fais mon devoir, je vais dans la salle qui regroupe près d'une soixantaine de jeunes en train de bûcher, l'un d'eux me reconnait comme métaleuse confirmée cachée sous un uniforme de fille sage et me fait même de grands signes (je sais jamais comment réagir quand c'est comme ça). Je remplace donc un sympathique professeur métisse que je n'avais jamais vu d'ailleurs (mais bon, c'est pas le même bâtiment etc) et qui me fait un sourire ravageur. Au moins avais-je gagné ma journée!!! Peu de temps après le second professeur arrive, l'oeil rond de découvrir une jeune AED en lieu et place d'une prof de français âgée de la cinquantaine.
On parle en chuchotant quelques secondes et que découvrons-nous?:


Déjà, c'était plus un devoir, c'était un travail de groupe... J'avais beau les fixer, ils continuaient en me souriant. Alors je me penchais, paf je caftais, pim leur prof les engueulait... Pas très pratique mais au moins ç amarchait et la prof commençait à rigoler avec moi...

17h un mignon (parce que oui il l'est celui-là, avec l'oeil innocent en plus...) vient nous rappeler que si il part à 18h en voiture, on aura sa mort sur la conscience.
Aye...
Quoi qu'on fait?
Allez zou, direction le pro-adjoint dit l'Efficace.
Bien sur on arrive en pleine réunion et Grand Chef ne manque pas de me mitrailler du regard comme une élève fautive...
Lui: "C'est urgent?"
Moi: "Oui, on est en examens, merci"
Je crois que j'ai été très sèche sur ce coup-là mais j'avais le moutarde dijonnaise au nez et une envie de meurtre. L'Efficace se penche sur notre problème...
Allez hop! Sortie autorisée à 17h, 17h30 pour les autres pour éviter une émeute et notre sacrifice sur un bûcher de copies de français...

Youkaïdou je redescend, j'annonce la bonne nouvelle...
Allez, on a eu... 10 minutes de calme?
Beaux Yeux s'en va accompagné d'une Blonde de la même région que lui ("Pourquoi tu prends pas la voiture avec lui?" "J'ai peur", Beaux Yeux doit être mauvais conducteur, dommage...).
Et ça commence pour le bureau des pleurs!!!

Nous n'avions qu'une consigne "Pas de SORTIE avant 17h30" donc on a rien lâché. Autant dire que les nicotinomaniaques le vivaient difficilement...
Et du coup. Le brouhaha est monté d'un cran.
Je vous rassure on a réussi à les séparer et à leur faire boucler leur clapets, même si la Professeur a du m'empêcher de faire bouffer la copie à l'un d'eux.

Bien... On les maîtrise et on les lâche à 17h30 dan le silence officiellement, dans une vaste cohue officieusement.

Là, pauvres naïves que nous étions, la Prof et moi nous nous sommes dit: "Enfin, je vais pouvoir corriger mes copies/bosser tranquille..."

Que nenni !!!!!!

17h35 j'entends de grosses voix derrière la porte des toilettes qui donne en fait sur un couloir. J'y vais, sentant la prof au bord du suicide.
Et je découvre: deux couples de petits vieux...
Moi: "Vous pourriez baisser légèrement, on a un examen là... Qui êtes-vous?"
Un: "Nous sommes les anciens combattants du lycée! On a une commémoration à 18h !!"
Moi: "Vous pourriez baisser légèrement, on a un examen là, merci... Où ça?"
Un autre, agressif lui: "Dans le grand hall, la salle derrière vous c'est pour l'apéro" , bouteilles brandies tel un fusil d'assaut.
Moi: "Vous pourriez baisser légèrement, on a un examen là, merci... Mais vous pouvez pas là!!!"

Il m'a fallut 10 minutes pour leur faire comprendre qu'installer des bouteilles de pastaga derrière des élèves stressés ne serait pas du meilleur effet sur leur compo. Le gentil a de suite comprit me faisant de grand sourire, l'autre m'a presque grogné dessus...

17h50: une dame fait toute la salle en claquant des talons, et parle à haute voix "C'est pour l'apéritif"
Moi: "NON ET J'AI DIT QUE JE VOUS DIRAI QUAND CE SERA BON!!!"

17h55, l'Efficace passe la tête : "Oh, sont plus qu'une dizaine, allez-y"
J'en ai mordu mon bouquin d'éco.
18h la Prof est partie passant un examen 30 minutes plus tard à l'autre bout de la ville... J'ai récupéré les copies comme j'ai pu, lancé 7 stylos (comprennent pas toujours quand le temps est fini) et suis partie comme une voleuse par l'autre porte, la cérémonie battant son plein dans le Grand Hall : là on se trouvait l'accès à la salle d'exams!!

J'imagine encore si on avait gardé 60 élèves pour les lâcher d'un coup en pleine cérémonie du souvenir...
Je suis certaine que ça aurait eu son effet.

Les copies ont été données à des boites aux lettres, la Prof a eut son exams, Beaux Yeux passent souvent en VS pusiqu'il est toujours absent/en retard...

Bizarrement j'ai des tics nerveux quand j'entends parler de BTS blanc, allez savoir pourquoi?


[HRP] Chronique d'une pionne 1

11 décembre 2007 02:05 | Courageuse | 0 commentaire

 

Bienvenue Lecteur ou Lectrice...

Dans ce modeste sujet je ferai en sorte de mettre à plat certaines anecdotes ou humeurs dues à mon fabuleux travail. Oui! Pion ou surveillant ou AED ou MISE ou le prochain nom tarabiscoté qu'ils trouveront l'année prochaine...
Il est certain que je ne donnerai pas les vrais noms et que je ferai un bon narrateur (j'exagérerai à peine). Il faut dire que je tiens un brin à ma vie là-bas. Sisi.

Bon, pour une première fois... Voyons... Ha ben tiens. Dans la catégorie "le monde du travail est formidable et nous aimons nos supérieurs".

Resituons les évènements: nous étions Il y a environ un mois...

Lorsque j'arrivais en Vie Scolaire, ou VS, comprendre le vaste bureau/capharnaüm qui nous sert de QG et de dernière défense contre les lycéens motivés, je découvrais mes collègues de travail passablement excités et énervés. Moi, toute joyeuse et naïve (j'avais forcé sur le cacao ce matin-là, ça a un coté euphorique sur moi, allez savoir pourquoi), je mettais mes deux pieds et mains dans le plat en demandant tout de go ce qui avait bien pu se passer...
Que n'ai-je pas fait?
Je me suis retrouvée avec 8 personnes à me parler en même temps. Forcément, j'ai buggé. Chez moi ça se traduit par un "maou". Comme ça ne faisait pas longtemps que j'étais là, ils n'ont pas comprit tout de suite mais ça a eu le mérite de leur clouer le bec. Hop, j'alpague la plus concise et je l'isole pour tout savoir. En somme on va "ronder" dans le lycée...
Attention, je vous expliquerai dans une prochaine histoire que le terme "ronder" change d'un AED à l'autre (ça va de jouer au baby à aller cloper sans vergogne).
Bref, voici la situation:
Hier soir des filles (on a des internats) revenant de l'AS (heu, le sport quoi) n'avaient eu pour dîner que de simples petites quiches au lieu des endives braisées (infectes mais bourratives, CQFD). Leur dévouée maîtresse d'internat monta donc au front pour défendre ces petits estomacs vides. Pas folle, elle appela une CPE (comprendre manitou direct ou Conseiller Principal d'Education) pour constater l'horreur de la situation. Horreur fut constatée, l'info romonta au plus haut. Chez le "Grand Chef"...
"Grand Chef" alla voir le Cuistot qui nia tout en bloc, exibant ses stocks d'endives (dois-je dire qu'ils aiment reproposer un plat pendant près de 3 jours? Miam!) et hurlant à la calomnie. Pour résumer, 15 élèves, 1 AEd et 1 CPE avaient menti.
Les vilains, surtout qu'ils avaient à y gagner, hein? (Perso je cherche encore...)
Bien...
Devinez?
Ben Grand Chef a préféré suivre Cuistot. Sympa pour les autres...
Et donc tout le monde montait au créno parce que tout le monde en avait marre du "Je vous fais confiance" qui n'étaient absolument pas de mise avec lui...

Alors me direz-vous?

Et bien nous fîmes une zoulie lettre pour Grand Chef on disait clairement qu'on voulait le voir pour parler des disfonctionnements du service et d'autres petites choses très constructives.

Il appela dès réception de la lettre, avec son petit ton froid et condescendant. Rendez-vous fut prit pour quelques temps plus tard.

Je reviens à mon mouton noir.
Le jour J, l'équipe au grand complet des AEDs se tient sur le pied de guerre. Je me retrouve au milieu d'eux, en me disant que je vais faire un infarctus devant Grand Chef, mes années lycées étant encore trop récentes. Du coup je m'octroies le rôle de secrétaire, je décide de tout noter. Les autres sont d'accord, trouvant l'idée excellente. De mon coté je me doute bien que je vais me griller à vie auprès de Grand Chef en me cataloguant dans la petite boîte des "discrète qui dit rien mais qui voit tout et saura vous le ressortir au mauvais moment"...
Bref, on monte tous à l'heure et on s'installe. Lui face à nous.
Que le duel commence! (Perso, mon stylo est prêt à tout noter).
En un premier temps il se montre choqué que nous ayons passé outre la hiérarchie. Nous n'avions pas écrit "Sous-couvert du CPE" et il aurait mit au courant ces pauvres CPEs de cette démarche. Bon, en fait on en a clairement parlé face à eux. Enfin, passons. Même s'il en parle pendant 15 bonnes minutes.
Nous entamons ensuite le douloureux sujet du self... "Tout ça pour des endives" dira-t-il. C'est beau de voir comme il a tout comprit. Enfin, nous annonçons que les derniers ont du mal à avoir quelque chose de correct à manger, et que le problème n'est pas récent. J'ai deux beaux souvenirs à ce sujet:
Lui: "On peut supprimer l'AS si ça pose problème..." (Oui, finement observé...)
Lui: "Elles n'ont qu'à arriver en premier..." (C'est sur que comme ça y'aura plus de derniers! Brillant!)
Lui: "Vous savez chez moi aussi des fois, quand je rentre le frigo est vide" (Quel gestionnaire de talent! Et il a un enfant à charge et une maison à 2 secondes à pieds, dans le lycée...)
Lui: "Même dans une chaîne de voiture, certaines vont au rebut, c'est normal" (Heureusement qu'on lui confit des enfants...)
Lui: "Jamais aucun élève n'est venu se plaindre"
Petite voix: "J'ai souvenir qu'à mon époque on craignait et respectait le proviseur. C'était plutôt difficile d'aller lui parler directement" (surtout quand il nous parle 15 minutes de la hiérarchie à pas bafouer)
Lui: "Vous me flattez mais non, ils peuvent venir..." (Laissez venir à moi les pitits enfants)
Bref, je vous passe le reste, c'était dans le même genre, et toujours son petit regard terrifié vers mes notes...

Au final, nous ferons une page entière de compte-rendu, police 11, marges rognées.
Lui trois lignes dans un mail.
C'est vrai qu'on y est allé pour brasser l'air, clair, non?

Depuis l'affaire est enterrée dans un coin de notre esprit.

Mercredi de la rentrée on me formait à AED, j'ai souvenir d'une phrase:
"Oui, prenez des initiatives, on vous fait confiance, etc..."
J'ai ri, les autres n'ont pas comprit pourquoi...